Jeudi 20 avril

Embarquement à Toul, cette fois pour Paris. Après un voyage mouvementé, je ne tiens pas en place et je songe en moi-même à la surprise de ma petite Lucette. Ma joie en est décuplée par cette pensée.

Je revois tout le passé en rêverie : mon départ, notre au-revoir déchirant, les larmes que j’ai versées à cette séparation.

Maintenant, je reviens. Pas pour longtemps, mais la revoir au moins. Ensuite, je repartirai puisqu’il le faut, mais avec plus de courage.

Le paysage défile lentement. Enfin la banlieue Parisienne approche avec ses petites villas à toits rouges, puis les fortifications, enfin Paris !

Je débarque et je foule après huit mois d’absence l’asphalte des trottoirs parisiens. Comme c’est beau d’être libre et tranquille pour 6 jours. Je saute dans un tramway la joie dans le regard. je suis aux anges.

Place de la république, me voilà presque chez-moi. Je retrouve avec une joie débordante mon vieux Paris. J’arrive et je tombe dans les bras de ma Lucette qui en tombe des nues. Nous pleurons de joie. Comme c’est bon de se retrouver après si longtemps, après tous les périls courus

Mon Dieu, que cette guerre est injuste et cruelle !

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Mardi 18 avril

Cette journée marque un date mémorable dans ma vie. De la journée elle même, rien d’extraordinaire, mais le soir on me dit tout à coup que les permissions sont reprises ! Tout d’abord je ne veux pas y croire mais je suis bien obligé de me rendre à l’évidence : je pars le lendemain, 19… quelle joie !

De la nuit, je ne peux dormir. Enfin le jour arrive. Je fais mes préparatifs et je file en vitesse après avoir souhaité bonne chance à tous les copains, qui eux aussi sont heureux de me voir partir, car leur tour est proche.

J’arrive à Saint-Jean. Je me change et je pars à Martincourt.

Lundi 17 avril

Vendredi – 14 – Samedi 15 – Dimanche 16 – Lundi 17

Journées de repos à Saint-Jean. Nous profitons de notre cagna, délicieusement bien. Rien de particulier à signaler pendant ces 4 jours.

Dans l’après-midi de Lundi, nous rentrons aux tranchées. Tout se passe parfaitement.

Jeudi 13 avril

C’est aujourd’hui la relève. Nous allons quitter la marne (?) à 2 heures. je ne suis pas foutu d’aller un peu au repos, quoi que cette position soit plus agréable que les Haies, comme aménagement intérieur. Seulement le coin est repéré par les boches depuis quelques jours. Il n’y fait pas bon.

Enfin la relève arrive, nous filons. Retour à Saint-Jean sans incident.

Mercredi 12 avril

Sur notre secteur, la journée s’annonce calme. la matinée se passe presque sans entendre un coup de canon, et le reste de la journée, également. Vers le soir, à l’heure de la soupe, les boches torpillent. Comme d’habitude, nous recevons pas mal de tuyaux, crapouillots, etc.

Enfin la nuit est calme et tout se passe bien.

Mardi 11 avril

Journée plus calme, temps superbe… matinée pour avions : ils ne s’en privent pas. Plusieurs français et boches survolent nos lignes. Nos voisins d’en-face sont beaucoup plus calmes que les jours précédents, tant mieux mais quel drame doit se jouer sur Verdun ! Nous entendons un roulement d’artillerie comme une grondement de tonnerre et enfin, depuis 48 heures j’attends des nouvelles.