9 avril 2016 : promenade à Saint-jean et Regniéville

Petite pause dans ce blog. J’ai profité du beau temps de ce WE pour aller me promener dans les lieux évoqués dans ce vieux carnet…

Et d’abord quelques pas dans le hameau-de Saint-Jean, à Martincourt, dans la « Petite Suisse Lorraine »…

hameau de Saint-Jean
hameau de Saint-Jean

Les bâtisses ont plus d’un siècle, elles étaient déjà là en 1916…

les maisons de Saint-Jean
hameau de Saint-Jean
Une pierre gravée
hameau de Saint-Jean

Je n’ai pas vu de cave sous les maisons.

C’est émouvant de se dire, qu’il y a un siècle jour pour jour, à la même saison, mon grand-père devait arpenter les mêmes ruelles. Est-ce qu’il a marché sur ces pavés ?

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hameau de Saint-Jean

Le village est très paisible, au bord de sa rivière l’Esch, bien gonflé en cette saison… comme il devait l’être il y a 100 ans !

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L’Esch

De l’autre côté de la rivière, un joli sous bois à flanc de coteau. Le genre d’endroit où on irait bien couper un arbre si on avait besoin de bois pour se construire un abri ! 😉

Sous-bois
Sous-bois, Saint-Jean

Il y a un petit chemin qui remonte la rivière. Après avoir étudié longuement la carte, je pense que c’est probablement par là que les soldats remontaient aux tranchées à la fin du repos…

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Le long de l’Esch, vers Mamey

C’est aujourd’hui un chemin balisé qui mêne au village de Mamey, pas très loin de Regniéville et du côté français du front.

Les chemins ont pu complètement changer depuis le temps, mais j’ai été repérer du côté de Mamey, le chemin débouche dans une petite rue qui s’apelle…

Chemin Régneville
Chemin de Règneville

A l’orthographe près, je pense que je suis sur une bonne piste ! :-). Quoi qu’il en soit, il faudra faire la ballade Saint-Jean – Regniéville une de ces jours !

Et puisqu’on en parle…

Vers Regniéville
Vers Regniéville

Cette photo, je l’ai « re-photographiée » sur le panneau d’information à Regniéville, village détruit, où il n’y a pas grand chose à voir sinon une chapelle reconstruite à l’emplacement de l’ancienne église…

église Regniéville
Eglise de Regniéville pendant la guerre
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Eglise de Regniéville après la guerre

J’espère que Michel Thouvenin, que je ne connais pas mais que je salue ici, ne m’en voudra pas de lui emprunter ces images qui disent ce qu’on a parfois un peu de mal à comprendre avec les mots…

Avant de quitter Regniéville, quelques pas dans le sous-bois… et tout ce qui reste de ce qui fut sans doute un boyeau, qui serpente sur plusieurs centaines de mètres.

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Boyeau ?

Et dans tous ces lieux traversés par l’Histoire et les drames de la guerre, ce que retiens quand même de cette promenade…

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Bourgeon

… c’est ce petit parfum de printemps qui flotte dans l’air.

Même en avril 1916, alors que grondaient au loin les canons de Verdun, les arbres devaient bourgeonner…

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Dimanche 9 avril

Mercredi 29 – Jeudi 30 – Vendredi 31 – Samedi 1er – Dimanche 2 – Lundi 3 – Mardi 4 – Mercredi 5 – Jeudi 6 – Vendredi 7 – Samedi 8 – Dimanche 9

12 journées de repos à saint-Jean. Pendant ce temps, rien de spécial sauf une corvée très périlleuse exécutée le lundi 3 dans la nuit. heureusement, tout se passe bien et nous rentrons au repos à 2 heures du matin sans incident ni accident. C’est une chance extraordinaire car vraiment, le pont (?) était dangereux.

La suite du repos se termine très bien et avec un temps idéal, ce qui vous donne la flemme de remonter dans les trous. et puis j’ai le cafard, rapport aux permissions.

Le dimanche 9, à midi, nous remontons. Voyage bien passé mais il commence à faire bien chaud. Une heure après notre arrivée, les boches nous saluent par un arrosage de torpilles pépère. Une vient tomber à 4 mètres de l’entrée de la caponnière et je suis couvert de poussière et de fumée. heureusement pas de bobo. J’emporte mon panier dans la mine  côté pour attendre la fin. Ils arrosent également le pays de gros obus. Ce pauvre patelin ! Il ne reste décidément plus un pan de mur debout !

Mardi 28 mars

C’est aujourd’hui la relève. Matinée calme mais temps détestable. Il neige depuis ce matin en giboulée et il fait très froid. A 2 heures, la relève arrive. Là se place un léger incident : les boches bombardent le pays. Au moment où je vais passer dans le boyau, un obus de 150 arrive et éclate à 10 mètres devant moi sur le parapet. Je suis couvert de terre mais pas d’éclat. Je fais demi-tour et je passe par un autre boyau, mais qui est obstrué de boue. J’enfonce jusqu’aux genoux dans la vase, mais je préfère ça a un parpaing !

Enfin nous arrivons à Saint-Jean. Repos, et pour 12 jours probablement !

Lundi 27 mars

3ème journée. Comme la précédente, les boches répondent coup pour coup. L’artillerie 75 leur envoie des rafales en premières lignes qui doivent leur occasionner des pertes, mais ils ne se privent pas de nous bombarder en retour eux aussi. nous continuons notre travail de mineurs. Quel truc!

Dimanche 26 mars

2ème journée de tranchées. Les boches ont torpillé dur, cette journée, et démolissent notre tranchée.Il faut en plus réparer les boyaux esquintés par leurs sacrées torpilles. Je m’emploie à faire quelque chose de bien. Je crois que cette fois, ils ne pourront pas y arriver aussi facilement.

Samedi 25 mars

Journée calme dans notre secteur. bombardement violent sur Saint-Mihiel, activité d’artillerie au  Bois-le-Prêtre.

Rien à signaler sauf un travail de mine que nous avons commencé dans notre caponnière. C’est entre parenthèse un boulot monstre, mais fini, il nous sera d’une grande utilité.